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Développement durable du Tchad
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Lettre du Groupe Parlementaire Fédération au PM
N’Djaména, le 23 février 2005

Monsieur le Premier Ministre

Objet : Interpellation à propos des rackets de la population de Bébédjia et Mbaïkoro par les sous-Préfets de ces deux localités.

1)- Racket sous la férule des armes des militaires des populations victimes des tracés des pipelines par les sous-Préfets de Bébédjia et Mbaïkoro:

a)- Avec la complicité du consortium pétrolier (Esso, Chevron, Pétronas), hier 22 février 2003, le sous-Préfet de Bébédjia arrache, sous la férule des armes des militaires, 1.531.000 F CFA aux victimes des tracés des pipelines.
En effet, le sous-préfet insatiable, accompagné de ses militaires, s’est rendu à Komé et à Madana dans le canton de Mbikou où le consortium procède au paiement des compensations. Le consortium lui remet entre les mains la somme de 1.531.000 F CFA représentant 10% du montant du total des compensations dues aux victimes de ces localités. Ledit sous-Préfet remet sur cet argent la somme de 400.000 F CFA au chef de canton et 100.000 F CFA au chef de village de Komé et empoche le reste avant de retourner à Bébédjia. Le chef de village de Komé qui a refusé de prendre sa part est menacé de destitution par ledit sous-Préfet dont la population et les chefs des villages de Doba ont de lui un très mauvais souvenir lorsqu’il était l’adjoint au sous-Préfet de cette circonscription.

b)- Les victimes des tracés de Bao dans le canton Miladi (sous-Préfecture de Mbaïkoro) refusent de se déplacer à Mbaïkoro pour se faire payer leur compensation de peur d’être les victimes de leur sous-Préfet comme leurs collègues de Madana et de Komé. Le consortium (Esso, Chevron et Pétronas) a fait appel à l’armée pour les y obliger.

c)- Le consortium pétrolier (Esso, Chevron et Pétronas) refuse de payer les compensations des terres en jachères alors que l’article 41 de la constitution édicte que :
«La propriété privée est inviolable et sacrée. Nul ne peut en être dépossédé que pour cause d’utilité publique dûment constatée et moyennant une juste et préalable indemnisation». Toute autre lecture de ces dispositions de cette loi fondamentale n’est que subterfuge pour arnaquer les victimes sans défense.
C’est pourquoi:
- Nous exigeons la restitution aux intéressés des 1.531.000 F CFA versés par le consortium au sous-Préfet de Bébédjia ;
- Nous demandons au consortium (Esso, Chevron et Pétronas) d’indemniser les victimes des tracés des pipes conformément aux dispositions de la constitution notamment les terres en jachères.
Le gouvernement se doit de faire respecter les lois de la République notamment la constitution.


2)- Racket des agents recenseurs de Mbaïkoro, Moundou et Bongor :


a)- Par ailleurs, nous vous informons que les agents recenseurs de Mbaïkoro, Moundou et de Bongor n’ont pas perçu leur perdiem au titre de la CNRE parce que ceux qui sont chargés de les payer l’ont purement et simplement détourné.
b)- Le sous-Préfet de Bébalem aligne deux de ses frères comme agents recenseurs qu’il paie en prélevant sur le perdiem des agents recrutés. Ainsi, il a prélevé 4.250 F CFA sur l’avance faite à chacun des 12 agents recenseurs pour payer ses deux frères soit 51.000 F CFA chacun. Il promet en faire autant pour le reliquat.
Le Président du Groupe Parlementaire, Le Député Ngarlejy YORONGAR
Ampliations : -
Président de l’Assemblée Nationale ;
-         Ministre de l’Administration du Territoire ;
-         Ministre de la Sécurité Publique ;
-         Consortium (Esso, Chevron et Pétronas)
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BÉBÉDJIA : NON-VIOLENCE CONTRE LA VIOLENCE

DESOBEISSANCE CIVILE ET RESISTANCE PASSIVE


A défaut d'accéder aux moyens de la violence (pas d'armes), les populations de Bébédjia ont fait recours à la résistance passive.  Cette désobéissance civile est l'action de toute la communauté, elle s'oppose au régime qui « compense » son manque de légitimité par la violence.

Sous le régime  de Déby, les zaghawas et assimilés sont au dessus des lois. Que vaut la vie d'un Sara, Hadjaraï, Kanembou ou autres citoyens tchadiens aux yeux d'un clan qui peut massacrer à outrance et impunément ? Comment peut-on tuer son prochain pour un « mot déplacé », pour un sou ? Cette barbarie résulte de la politique anti-nationale du MPS et d'un choix délibéré du clan à gouverner dans le sillage de la peur. Ces actes odieux assimilables au nettoyage ethnique  ne sont jamais punis car ils servent les intérêts du clan. Les instigateurs de ces massacres sont toujours en liberté et narguent ostensiblement les familles des victimes.
La peur, la soumission, l'humiliation sont le lot quotidien des populations qui ne demandent qu'à vaquer à leurs activités pour gagner leur pain à la sueur de leur front.
Mais alors, que faire ? Puisque ces victimes n'ont pas de « kalach » pour se défendre, elles prônent la  désobéissance civile et la résistance passive. Puisque les allogènes n'ont aucune considération pour les autochtones, puisqu'ils sont au-dessus des lois, les populations de Bébédjia ont eu raison de les ignorer. Aussi font-elles appel aux us et coutumes pour dire aux commerçants zaghawas de choisir entre la cohabitation pacifique et le bannissement ? Oui NGALAKAG a parlé, c'est rare, mais généralement ses décisions sont sans appel. La marche vers la désobéissance civile et la résistance passive est-elle engagée ? C'est une initiative à soutenir. En effet, il faut sensibiliser et éduquer les masses aux différentes formes de luttes contre la dictature au Tchad et montrer que l'on peut vaincre sans armes. La non-violence n'est pas l'arme des faibles mais de ceux qui ont une conscience élevée de la lutte politique et qui refuse de recourir à des méthodes du moyen âge. Les vaillants habitants de Bébédjia montrent  qu'ils peuvent se passer des services commerciaux souvent illégaux des détaillants zaghawas et assimilés.
Du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest, tout tchadien doit se sentir chez lui, il en était ainsi avant l'avènement des Fan et du MPS au pouvoir. A Bébédjia,  les pourfendeurs de haines tribales et du nettoyage ethnique scient  la branche sur laquelle ils sont assis. Ils tomberont. Mais de grâce, qu'ils laissent les 
« mangeurs de rats » en paix déguster les mets de leur terroir, oui les rats de leur sol.

Samuel NDOH 

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